Les forts des Alpes-Maritimes et du Piémont
Un itinéraire entre mer, montagnes et mémoire. Cette terre de mémoire, témoin d’une histoire frontalière mouvementée entre Alpes-Maritimes et Piémont, est un conservatoire d’un patrimoine fortifié unique, fruit des guerres et des réflexions des ingénieurs français et italiens entre le XVIe et le XXe siècle.
Le Département des Alpes-Maritimes, le Parc national du Mercantour, l’Ente di gestione Aree Protette Alpi Marittime et l’Unione Montana Valle Stura se sont unis pour conserver et valoriser ce patrimoine transfrontalier exceptionnel dans le cadre du projet européen Interreg Cognitio-Fort. Cet itinéraire constitue l’un des jalons de ce programme.
En longeant la Riviera : les sites emblématiques qui veillent sur la Méditerranée.
L’itinéraire débute à Cannes, pour une traversée vers les îles de Lérins. Ces îles, qui permettaient d’interrompre la navigation, n’ont pas échappé à l’intérêt des ingénieurs militaires. Les Espagnols, qui s’emparent de l’île Sainte-Marguerite en 1635, y construisent le fort Royal (1). À la fin du XVIIe siècle, le fort, devenu la prison du Masque de fer, est renforcé par Vauban. À quelques brasses, l’île de Saint-Honorat, avec sa tour-monastère (2), est un haut lieu de la spiritualité chrétienne.
En longeant le cap d’Antibes, la route nous mène à la batterie du Graillon (3). Défendant la rade de Golfe-Juan, elle propose une expérience immersive entre patrimoine naturel marin et patrimoine militaire. Dans le vieil Antibes, le bastion Saint-André (4), vestige de l’enceinte entourant la ville au XVIIe siècle, permet de découvrir l’histoire d’Antipolis. À l’entrée du port, le fort Carré (5), dont les bastions surveillent l’ancienne frontière du royaume de France, offre un panorama exceptionnel sur la ville et le cap.
En remontant à Saint-Paul-de-Vence, vous découvrirez le premier rempart bastionné de France (6), voulu par François Ier. À Nice, dans la crypte archéologique (7), vous comprendrez l’histoire et l’organisation défensive de la cité. Le fort du Mont-Alban (8), qui veille sur les communications reliant la ville à Villefranche-sur-Mer, offre une vue imprenable sur la Riviera. En contrebas, la citadelle Saint-Elme (9), devenue centre d’art et musée, protège la rade de Villefranche et l’un des plus anciens ports militaires de la Méditerranée, la Darse (10).
En prenant de la hauteur, la route gagne le parc de la Grande Corniche, pour découvrir le fort de la Revère (11), pilier de la défense de la place de Nice au XIXe siècle. Redescendu au Trophée d’Auguste de La Turbie, vous surplombez Monaco avant de partir à l’assaut du château de Roquebrune (12). Puis cap au sud, pour découvrir le fort Maginot de Roquebrune-Cap-Martin (13). Son implantation en zone urbaine s’explique par la nécessité de protéger la route du littoral ainsi que la voie ferrée venant d’Italie.
En longeant le fleuve Var
Cette variante se distingue par un itinéraire longeant des fortifications construites au Moyen Âge et reprises par Vauban. La cité d’Entrevaux (32) est un exemple unique d’adaptation au relief, avec ses tours d’artillerie. Le château de la Reine Jeanne (33), édifié au XIIIe siècle, est renforcé par un ouvrage à corne qui domine Guillaumes.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les lignes de crête sont ponctuées d’abris alpins et de casemates pour parer à toute éventualité, comme en témoigne le sentier des fortifications du col de Crous à Péone (34).
Du Mentonnais en passant par la Bévéra et la Roya : sur les traces des combats de la Seconde Guerre mondiale.
Cette route panoramique démarre à Menton, porte d’entrée des Alpes et haut lieu des combats de juin 1940 contre les troupes italiennes. Dominant le Mentonnais, le fort Maginot de Sainte-Agnès (14) est l’un des plus puissants des Alpes. Une fois franchi le col de Castillon, la route mène à la cité médiévale de Sospel, véritable carrefour stratégique où se dressent trois ouvrages majeurs : le fort Maginot de Saint-Roch (18), le fort Maginot de l’Agaisen (19) et le fort d’arrêt du Barbonnet (21). En quittant la ville, deux variantes vous sont proposées.
Vers le massif de l’Authion
La première poursuit son ascension jusqu’au mythique col de Turini. De là, un détour permet d’admirer les impressionnantes fortifications du massif de l’Authion (21), théâtre des derniers combats de la Libération en 1945. En redescendant vers Nice, l’itinéraire traverse le hameau de Peïra-Cava, témoin d’une présence militaire magnifiée par la caserne Crénant (22). La boucle s’achève avec la découverte de l’enceinte médiévale de Lucéram et du monument aux morts de la 1re Division française libre à l’Escarène.
Vers le Piémont
La seconde variante, au départ de Sospel, s’élève vers le col de Brouis, où se sont affrontés Français et Piémontais au XVIIIe siècle. Arrivé à Breil-sur-Roya, l’itinéraire remonte le cours sinueux de la Roya jusqu’à Tende. Après, les casemates italiennes camouflées ponctuent la route vers le musée du Vallo Alpino à Vievola (22). S’ensuit la route des 46 lacets menant au fort central du col de Tende (23). Ce fort italien, achevé en 1885, contrôle, avec cinq autres fortins accessibles en randonnée, la crête frontalière.
En redescendant sur le versant italien, l’itinéraire invite à un détour par le Gesso pour découvrir, en randonnée, l’Opera 9 d’Andonno (15), pivot de la troisième ligne de défense de la vallée. En reprenant la route vers le col de Larche, on découvre, à l’embouchure de la vallée de la Stura, l’Opera 5, San Membotto, à Moiola (16). Creusé dans la roche, il s’agit de la plus grande fortification visitable du Vallo Alpino. À Vinadio, une visite du fort Albertino (17), s’étendant sur plus de 1 200 m et barrant la vallée au XIXe siècle, s’impose. On peut rejoindre la vallée de la Tinée en découvrant, au col de la Lombarde, les trunes (29), abritant les Alpini qui défendaient la frontière à la fin du XIXe siècle.
En longeant la Tinée
Cet itinéraire commence à Tournefort avec une randonnée au fort du Pic Charvet (26), au carrefour des vallées de la Tinée et du Var. Il invite à découvrir à Rimplas le premier fort Maginot de France (27). Il soutient en contrebas le fort de la Frassinéa (28), barrant la route aux véhicules blindés pouvant venir d’Isola. Il emprunte la route du col de la Bonette (2 715 m) en traversant le camp des Fourches (30), bâti pour les chasseurs alpins qui y séjournaient même en hiver. Là, prenez de la hauteur le temps d’une balade en vous rendant au fortin du mont des Fourches (31).